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Hassan El Glaoui : 59 ans de peinture en liberté

Né en 1924 à Marrakech, Hassan el Glaoui a marqué son penchant pour le dessin et la peinture dès sa tendre enfance. Il apprend à dessiner à l’âge de dix ans et doit sa carrière au premier ministre Winston Churchill qui recommanda à son père, le Pacha El Glaoui, de ne pas contrarier la vocation de son fils. En 1950, la visite au Pacha du Major-Général américain Conger A. Goodyear, fondateur et président du Musée d’Art Moderne à New York et collectionneur notable d’œuvres d’art, est aussi déterminante pour le jeune peintre qui poursuivra des études à l’école des Beaux-arts de Paris. Hassan El Galoui baigne dans l’atmosphère coloniale où se succèdent de nombreux peintres comme Raoul Dufy, invité à peindre le salon de la casbah de Telouet en 1926, Edy-Legrand, Majorelle…

Vers l’âge de neuf ans environ, il achète de son propre argent de poche un cheval auquel il vouera une véritable passion, et qui déterminera, presque comme un devoir de mémoire,  le choix de sa thématique sur le cheval et la fantasia. Mais loin de se cantonner aux chevaux, il peint des paysages, des portraits et des natures mortes à la touche fauve et expressionniste très marqués à ses débuts par l’enseignement de son professeur Emilie Charmy.
 
La première exposition de Hassan el Glaoui remonte à 1950 à la Galerie André Weil à Paris et à 1964 pour la première fois au Maroc, à Casablanca. Les 55 ans de sa carrière artistique ont été couronnés par une rétrospective à Marrakech en 2005, ainsi qu’un hommage lors du salon d’hiver de Marrakech en 2008.

Au cœur de la banque, l’onirisme d’un peintre
Le Groupe Attijariwafa bank un ensemble exceptionnel de Hassan El Glaoui, panneaux peints sur bois représentant des attroupements des cavaliers et des fantasias. Cet ensemble se distingue par la remarquable constance du thème traité ainsi que par ses très grandes dimensions allant jusqu’à 800 cm de longueur en une seule pièce. Réalisés à la même période entre 1980 et 1981, une grande partie d’entre eux avaient fait l’objet d’une commande spéciale pour orner les murs en coursive du siège de l’ex-BCM réaménagé à la même époque.

L’envolée céleste
Dans les tableaux de Hassan El Glaoui, on retrouve la synthèse de l’art arabe et de la miniature persane, la fougue de l’art moderne aussi. Le tableau, fenêtre sur le monde, élève l’âme qui s’envole aux confins du sacré.

Hassan El Glaoui nous introduit dans un autre champ que celui des chevauchées emballées de la fantasia marocaine ou des cortèges ordonnés de la garde royale. Au-delà de ces scènes auxquelles il nous a habitués, de l’imaginaire marocain fortement imprégné de sa culture équestre, son monde est celui de la liberté. Liberté de mouvement impressionnante, plongée dans l’émotion fusionnelle de l’homme à l’animal.

Hassan El Glaoui est un artiste irréductible qui s’est tracé son propre cheminement, loin des préoccupations modernistes de sa génération. Face à ceux qui réduisent son œuvre à la seule  gloire de la fantasia, celle-ci leur répond que l’acte créateur reste toujours baigné de mystère et que ses vérités sont plurielles. A ceux qui lui en reprochent la répétition, il répond : « les gens qui affirment que je suis le peintre des chevaux ne connaissent pas ma peinture ». La répétition n’est-elle pas, à l’instar des soufis, une tentative d’atteindre l’infini ?

Ils ont écrit…:
Maurice Arama, « Hassan el Glaoui , toutes les musiques du vent », Malika éditions, 2008
Hassan el Glaoui, éditions Matisse art gallery, 2005

Lexique
Détrempe : Remontant à l’ère préhistorique des peintures rupestres, la détrempe est une peinture mêlée à un liant à l’eau à l’aspect mat.