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  LES ALAMATES de Jacques Majorelle (1931)

Cette œuvre a été acquise par Attijariwafa bank au courant des années 1980. Elle a fait l’objet d’une restauration magistrale afin de lui redonner son aspect d’origine et d’une installation dédiée pour figurer parmi les fleurons du nouvel accrochage permanent d’œuvres à la direction de la banque à Casablanca. Ce travail a été accompagné par un dossier iconographique et technique réalisé selon les standards de la conservation muséographique internationale.

Composition
Ce tableau est l'une des oeuvres les plus importantes de l'artiste au Maroc sans oublier celles qui ont été réalisées pour la Wilaya de Casablanca et la Chambre d'Agriculture de Marrakech. Au premier plan de l'œuvre, l'observateur est interpellé par les poupées dressées et la multitude de couleurs et de détails utilisés pour leur représentation. Au deuxième plan, on peut admirer une multitude de personnages assis, hommes et femmes, aux tenues sobres et à l'allure stylisée. On remarquera l'influence du mouvement Art-Déco dans la représentation des femmes, du cavalier et du dromadaire grâce à un certain ordre géométrique et à la simplification des traits. Au troisième plan, se distinguent la Koutoubia de Marrakech, les palmiers stylisés et un ciel représenté intégralement par de la poudre d'argent. On peu conclure que cette oeuvre présente un équilibre parfait dans la structure des scènes et l'harmonie des formes malgré l'extrême densité de sa composition.

Histoire et itinéraire de l’œuvre
Au cours de l'année 1930, le Pacha Glaoui de Marrakech recevait dans son fief le Président de la République française, Gaston Doumergues. Pour obéir à la coutume, il fit dresser le long du parcours des poupées aux couleurs représentant les différentes corporations de la ville. Ce sont les Alamates qui sont une véritable haie d'honneur pour l'hôte qui pénètre dans la cité ocre. Intrigué par cette vision où les femmes habillant ces poupées constituent un réel contraste de par leurs tenues austères en opposition flagrante avec les couleurs flamboyantes des mannequins de bois, Majorelle décide alors d'explorer ce thème dans sa peinture. En 1931, se tient à Paris une importante exposition coloniale destinée à célébrer l'oeuvre de la France qui se veut pacifiste et vecteur de civilisation. Tous les pays participants dressent des pavillons afin de mieux faire connaître les terres coloniales. A la fin de l'exposition, un seul devait subsister, le Pavillon d'Honneur qui devient par la suite le Musée Permanent des Colonies. Il fut inauguré par le Président Gaston Doumergues, le Ministre des Colonies Paul Reynaud et le Commissaire de l'exposition, le Maréchal Lyautey. Au sein de ce musée, une section contemporaine évoquait l'Afrique du nord au travers de divers documents et oeuvres d'art. Le Pavillon Marocain fut confié à deux architectes, Robert Fourniez et Albert Laprade, qui décidèrent de lui donner la forme d'un palais. Précédant l'exposition des Beaux-Arts, le Salon de la Presse Marocaine réunissait alors les quatre grands quotidiens du Maroc. C'est alors qu'on pouvait admirer dans le stand de la Vigie Marocaine une immense fresque de Majorelle intitulée les Alamates. Commandée l'année précédente par les dirigeants du journal, elle était destinée à décorer la salle des dépêches de leurs nouveaux locaux.